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Histoire des StephenLes StephenAu milieu des années 1870, les Stephen vivent déjà sur la rue "Mountain", au coeur d'un nouveau quartier résidentiel, le Mille Carré Doré. La propriété se trouve un peu au nord de la rue Ste-Catherine, bordée par les rues Drummond et Mountain et comprend un vaste jardin. C'est là qu'il décide de construire au 1440, rue Drummond, une demeure à la mesure de sa position sociale. En 1880, il en confie la construction à l'architecte le plus en vue de Montréal, William Tutin Thomas, et au très réputé entrepreneur général, J.F. Hutchison. Il leur faut trois ans pour ériger cette résidence au coût absolument fabuleux pour l'époque de 600 000 $. Des artisans écossais et italiens sont amenés d'Europe pour créer un magnifique décor intérieur. L'architecture s'inspire des palais de la Renaissance italienne. Chacune des pièces est relevée de bois franc, dont le chêne et le noyer, ou de bois exotiques tels que l'acajou cubain, le bois de rose et le bois de satin du Ceylan. Fait inhabituel, les corniches et les moulures au plafond sont également en bois plutôt qu'en plâtre. La maison ne comprend pas moins de 10 foyers. Exception faite de celui du grand salon habillé d'onyx, les autres possèdent une alcôve, ce qui offre à ceux qui sont assis près de l'âtre un plus grand sentiment d'intimité et d'isolement. Certains manteaux de cheminée sont en marbre, d'autres en bois rares, avec des renfoncements ornés de tuiles peintes à la main. Y sont incorporés des miroirs biseautés qui renvoient dans les pièces la lumière des lustres. Les lampes, plafonniers, poignées de portes, pentures et les grilles des radiateurs sont plaqués d'or 22 carats. Partout règnent des thèmes, de sorte que dans chaque pièce les tuiles peintes du foyer complémentent les scènes des vitraux surmontant les fenêtres. Dans le grand escalier, les fenêtres racontent l'amour, alors que les panneaux du puits de lumière présentent les signes du zodiaque. Tous les matériaux ont été utilisés avec un tel souci du détail qu'il en coûterait une fortune à notre époque pour refaire cet admirable décor. Il s'agit pratiquement d'un petit musée où des objets et toiles rares s'harmonisent parfaitement avec les tapisseries et un mobilier recherché.
À son départ pour l'Angleterre, Lord Mount Stephen prête sa maison à M. Robert Meighen, mari de sa soeur Elsie et président de la compagnie Lake Woods Milling. Le 4 octobre 1890, les Meighen achètent la résidence. Robert Meighen meurt en 1911 et Elsie continue à vivre dans la maison jusqu'à son décès six ans plus tard. Ils mènent grand train et reçoivent la noblesse de passage. En 1890, ils organisent une réception mémorable pour le Duc et la Duchesse de Connaught, puis en 1907 reçoivent Lord Northcote, Gouverneur général de l'Australie à la retraite. Une réception en plein air donnée pour le comte et la comtesse Roberts de Kandahar, lors de leur visite pendant le tricentenaire de Québec en 1908, est immortalisée par une célèbre photo prise dans le jardin latéral. Après la mort de ses parents, Frank S. Meighen continue à occuper la maison. En 1919, il est l'hôte d'un important bal donné en l'honneur du prince de Galles, le futur roi Edouard VIII. Dans le sillage de la première guerre mondiale, le Mille Carré Doré se transforme radicalement. D'une part, de nombreux héritiers sont morts au champ d'honneur et, d'autre part, les grandes demeures du Mille Carré Doré se retrouvent à court de personnel domestique, les occasions d'emploi appelant des changements de carrière. Qui plus est, l'invention de l'impôt sur le revenu force nombre de propriétaires à vendre leur demeure. Les Meighen ne font pas exception. Le Club Mount StephenLa société Don Mar Realty Limited acquiert la maison des Meighen en 1926, à une époque où le pic des démolisseurs fait des ravages dans le Mille Carré Doré. Elsie Reford, la fille de Robert Meighen et son fils Eric emportent le mobilier. La propriété est subdivisée en lots et la maison risque d'être démolie. À la fin de 1926, Noah Timmins, J.H. Maher et J.S. Dohan fondent un Club privé pour hommes d'affaires afin de protéger cette somptueuse résidence. Ils lui donnent le nom de Mount Stephen Club en souvenir de son premier propriétaire. Diverses transformations ont été faites le plus discrètement possible pour que la demeure devienne un Club. Seulement le sous-sol, la cuisine, les toilettes et l'ancien jardin d'hiver font peau neuve. En 1927, les vitres et les poutres du jardin d'hiver font place à des murs de calcaire pour créer des pièces pour les épouses des membres, le Club comme tel étant réservé aux hommes. En 1964, un nouveau règlement permet aux épouses d'entrer par la grande porte, mais le jeudi seulement. Ce n'est qu'au milieu des années 1970 qu'elles peuvent finalement devenir membres du Club à part entière. Quoique le voisinage ait bien changé, la maison elle-même n'a rien perdu de sa présence et est toujours un point de repère du centre-ville de Montréal. Le Club et ses nouveaux propriétaires, le Groupe hôtelier Tidan, tiennent absolument à préserver l'atmosphère et l'apparence d'origine. De ce fait, ils ont investi des sommes importantes afin de maintenir à Montréal un cadre exceptionnel de confort et d'élégance où se traitent des décisions d'affaires et où ont lieu d'importantes réceptions. Les cotisations annuelles des membres participent avec les nouveaux acquéreurs à la conservation et la préservation de ce bijou d'architecture qui fait maintenant partie du patrimoine canadien. Des salles à manger de tailles variées permettent aux membres d'organiser aussi bien une rencontre en tête-à-tête qu'un festin pour près de 300 personnes. Ces pièces sont également disponibles pour des réunions d'affaires, réceptions, cocktails ou conférences. Les membres bénéficient d'une cuisine inégalée offrant des mets qu'ils peuvent déguster à la salle à manger, au bar ou en privé. De plus, le Club organise pour les membres et leurs invités des conférences, des expositions de peinture, des festivals culinaires ainsi qu'un élégant Gala annuel - «Saveurs Internationales». La publication du Mount Stephen, L'Éditorial, tient les membres au courant des nouvelles sur le Club et des activités à venir. L'adhésion au Club ouvre également les portes de quelque 300 clubs affiliés de renom à travers le monde. |